Augmentation du taux d’absentéisme en entreprise, comme réagir ?


Gestion entreprise / mardi, octobre 16th, 2018

On parle souvent de l’absentéisme en milieu scolaire, mais beaucoup moins de celui en entreprise. En effet, on peut parler de tabou lorsqu’on aborde cette problématique, pourtant assez commune en France. Cela rend d’autant plus difficile d’entamer une vraie réflexion, un vrai débat sur ce problème, qui peut nuire considérablement au bon fonctionnement d’une entreprise.

Mais pour avoir un aperçu des solutions à mettre en place au sein de sa société pour lutter contre l’absentéisme de ses salariés, encore faut-il savoir de quoi on a parle, et donc, analyser l’ampleur de ce phénomène en France. Ce n’est qu’avec ce travail préalable qu’il sera possible de trouver les solutions adaptées en fonction des circonstances.

Les chiffres de l’absentéisme au travail

Selon l’Express, en 2017, le taux d’absences en France a atteint une moyenne de 17,2 jours par an et par salarié.

Un chiffre record qui semble correspondre à l’évolution du pourcentage d’absents dans le privé ces dernières années (4,59% en 2016, 4,72% en 2017). Des chiffres qui ne rendent pas compte des différentes raisons d’une absence, ni de sa durée en fonction des profils d’actifs et des secteurs.

Pour donner une idée générale du coût de l’absentéisme pour une entreprise, il représente, en moyenne, 7% de sa masse salariale. Un manque à gagner tout de même conséquent.

Les raisons de l’absentéisme

L’absentéisme est, en général, lié à 4 facteurs :

  • la maladie ordinaire et ponctuelle
  • l’accident du travail
  • la maladie professionnelle et chronique
  • l’absence injustifiée

Évidemment, en fonction des secteurs et individus, les raisons de l’absence seront différentes. Les jeunes actifs ont plus tendance à s’absenter sur de courtes périodes, mais fréquemment, quand les seniors sont absents plus longtemps, mais moins souvent.

On peut expliquer ce phénomène par le fait que ces derniers sont plus généralement atteints de problèmes de santé chroniques, ce qui les oblige à prendre des arrêts maladie sur de plus longues périodes.

La différence se situe également sur le profil des absents. Un salarié du BTP s’absentant plus souvent pour des problèmes physiques, tandis qu’un employé du tertiaire aura plus tendance à souffrir de la pression au bureau.

Si les difficultés professionnelles sont souvent à l’origine d’absence et de retard, c’est également le cas des problèmes personnels. L’environnement familial, les difficultés du quotidien peuvent, en effet, avoir un impact négatif sur le travail et l’implication d’un salarié. Ce qui rend d’autant plus difficile la lutte contre l’absentéisme.

Les conséquences de l’absentéisme pour les sociétés

Pour la société concernée par un taux élevé d’absentéisme, les conséquences sont multiples :

  • une baisse significative de la productivité et de la qualité de service
  • une baisse de la motivation générale des salariés et une ambiance détériorée
  • une réorganisation en urgence, une charge de travail mal répartie

Autant d’éléments disparates qui, mis bout à bout, peuvent engendrer de réelles difficultés financières pour une société.

Quelles solutions pour lutter contre l’absentéisme ?

La difficulté principale lorsque l’on veut donner une réponse globale à l’absentéisme de ses salariés, c’est qu’elle se heurte à des cas, des profils très différents. Néanmoins, il existe tout de même quelques habitudes à mettre en place qui réduiront sensiblement le nombre d’absents.

Les solutions conventionnelles (contre-visite médicale, prime d’assiduité)

Ces solutions sont très intéressantes, mais doivent être utilisées avec discernement. En effet, une contre-visite médicale peut être demandée par l’employeur en passant par un service comme verilor.fr.

De même, si la prime d’assiduité semble juste, elle sanctionne les retards et absences justifiés autant que les autres. Le jeu de la récompense-punition a des effets pervers, il faut, par conséquent, ne l’utiliser que dans des cas où l’on est certain de son efficacité.

Améliorer la communication avec ses salariés

Parfois, il suffit d’un mot, d’une plaisanterie mal interprétée pour qu’un salarié ne se sente plus à l’aise à son poste. Il faut donc apprendre à rester à l’écoute du personnel, de ses représentants, prendre en compte leurs demandes ou expliquer de manière pédagogique les raisons d’un refus. En améliorant la communication vous améliorez bien souvent les conditions de travail, et ce, au moindre coût.

Créer une émulation positive au sein de ses équipes

Savoir récompenser les salariés les plus méritants, leur offrir des perspectives de salaire, de carrière intéressantes est un autre moyen de réduire l’absentéisme. En effet, en voyant que la qualité de travail est prise en compte, cela motivera chaque employé à s’impliquer pour l’entreprise. Cette atmosphère positive aura pour conséquence de rendre l’absence dites, « de confort », assez mal vue de tous.

En dernier recours : rester ferme

Si, malgré tout, les absences injustifiées, et injustifiables, se répètent, il sera alors temps de songer au licenciement. Si cela peu paraître extrême, il faut bien comprendre que les absences répétées d’un seul salarié peuvent nuire considérablement à l’ambiance d’une équipe.

Un sentiment d’injustice, de favoritisme peut pousser le reste des employés à suivre le mauvais exemple. La situation devient alors intenable. Il faut donc savoir rester ferme et intervenir au moment opportun.

Le bien-être des employés est primordial pour lutter contre l’absentéisme, mais il ne faut pas confondre justice et faiblesse. Il faut trouver un équilibre entre une trop grande sévérité et un relâchement complet. Voilà la clef pour lutter efficacement contre l’absentéisme au travail.